Hausse du PFU à 31,4 % : ce que cela change concrètement pour vos revenus du capital
La loi de finances 2026, promulguée le 19 février dernier, a relevé le taux de CSG sur certains revenus du capital de 1,4 point. Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) passe ainsi de 30 % à 31,4 %. Un changement discret dans son libellé, mais structurant dans ses effets pour les investisseurs et les chefs d’entreprise.
Ce qui a changé
Depuis le 1er janvier 2026, le PFU – communément appelé « flat tax » – s’applique désormais à un taux de 31,4 % (contre 30 % jusqu’en 2025), résultat de la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital concernés.
Sont visés par cette hausse :
- les dividendes perçus par les actionnaires personnes physiques,
- les intérêts issus d’obligations, de comptes à terme, de prêts entre particuliers,
- les plus-values mobilières réalisées lors de la cession de valeurs mobilières,
- les revenus de capitaux mobiliers de manière générale.
En revanche, plusieurs catégories restent en dehors du champ de cette hausse immédiate :
- les revenus fonciers et plus-values immobilières (soumis à leur propre régime),
- les produits issus de l’assurance-vie (sous conditions de durée et de versements),
- certains PEL/CEL ancienne génération.
L’impact chiffré : des exemples concrets
Pour illustrer l’effet réel de ce changement, prenons trois situations représentatives de notre clientèle.
Exemple 1: Dirigeant percevant des dividendes
Un chef d’entreprise se verse 80 000 € de dividendes en 2026. Avec le PFU à 31,4 %, il acquitte 25 120 € de prélèvements, contre 24 000 € en 2025. L’écart est de 1 120 € sur une seule année, et s’accumule sur la durée.
Exemple 2: Investisseur en valeurs mobilières
Une plus-value de 50 000 € réalisée sur un portefeuille-titres génère désormais 15 700 € de PFU, contre 15 000 € précédemment. Soit 700 € supplémentaires par tranche de 50 000 €.
Exemple 3: Sportif ou cadre dirigeant plaçant sa prime annuelle
Pour un placement de 200 000 € rapportant 5 % en intérêts annuels (soit 10 000 €), la facture fiscale passe de 3 000 € à 3 140 €. Modeste isolément — mais déterminant dans la logique de capitalisation à long terme.
Quelles stratégies d’adaptation ?
La hausse du PFU n’est pas une fatalité. Elle incite à reconsidérer la structure de détention des actifs et les enveloppes fiscales utilisées.
1. Réexaminer l’option pour le barème progressif
Pour les contribuables peu imposés (tranches basses à moyennes de l’IR), l’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu peut s’avérer plus favorable que le PFU à 31,4 %. Cette option, exercée lors de la déclaration annuelle, s’applique à l’ensemble des revenus du capital de l’année — il convient d’en mesurer l’effet global avant toute décision.
2. Maximiser les enveloppes défiscalisées
Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) et l’assurance-vie demeurent les deux instruments privilégiés pour abriter des actifs mobiliers hors du champ du PFU à terme. Dans un contexte de hausse du PFU, leur attractivité relative se renforce. Les versements sur assurance-vie réalisés avant 70 ans et les retraits effectués après 8 ans bénéficient toujours d’abattements significatifs.
3. Repenser la politique de rémunération des dirigeants
Pour les chefs d’entreprise arbitrant entre salaire et dividendes, la donne mérite une réévaluation. La hausse du PFU pèse davantage sur les dividendes. Il peut être opportun de modéliser différents scénarios de rémunération — en intégrant la CDHR (Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus), reconduite indéfiniment par la loi de finances 2026 pour les foyers dépassant 250 000 € de revenu fiscal de référence.
4. Stratégies de don et de transmission
La loi de finances 2026 a par ailleurs assoupli les règles relatives aux dons familiaux pour l’acquisition de la résidence principale. Il peut être pertinent d’articuler stratégies d’investissement et de transmission pour réduire la base taxable au PFU tout en optimisant la fiscalité successorale.
Le mot du cabinet
Chez NCdR, nous suivons de près chaque évolution fiscale pour en mesurer l’impact réel sur les patrimoines que nous accompagnons. La hausse du PFU à 31,4 % n’est pas isolée : elle s’inscrit dans un contexte de pression fiscale accrue sur les revenus du capital, avec la reconduction de la CDHR et les incertitudes entourant la trajectoire des finances publiques françaises.
Notre approche reste constante : analyser votre situation dans sa globalité, identifier les leviers d’optimisation disponibles, et construire une stratégie cohérente avec vos objectifs à court, moyen et long termes — sans jamais dissocier l’efficacité fiscale de la solidité patrimoniale.
Vous souhaitez analyser l’impact de la hausse du PFU sur votre situation personnelle ou celle de votre entreprise ? Contactez-nous pour convenir d’un rendez-vous — en présentiel à Paris, en visioconférence ou par téléphone.
Cabinet NCdR: Conseil indépendant en gestion de patrimoine, Paris 16ème
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Publié le 13 mai 2026 · Cabinet NCdR: Conseil indépendant en gestion de patrimoine
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